Source : arte.tv/fr/europeens/karambolage/207869.html de juin 2008
DERRICK
Vous connaissez tous Derrick, le héros allemand. Certes. Mais avez-vous réfléchi aux raisons de son succès planétaire ? Vincent Lecoq nous y invite.
Si vous demandez à un Français de vous citer un héros allemand, vous pouvez être sûr à 99, 9 % qu’il vous dira: L’inspecteur Derrick! Eh oui, en France, l’inspecteur Derrick, ce monument de la télévision allemande, est probablement plus connu que Willy Brandt ou Franz Beckenbauer!
Le voilà avec ses énormes lunettes, ses valises sous les yeux et son air de chien battu. Mais comment cet homme peut-il hanter nos petits écrans depuis maintenant plus de 30 ans ?! Mystère. Car Derrick est lent, Derrick est mou, Derrick est moche. Derrick semble être filmé avec un filtre vert et jaune sans doute afin de mettre mieux en valeur son teint blafard dans son imperméable désespérément beige.
Quand Derrick presse le pas, il donne encore l’impression d’être au ralenti. Derrick ne rit jamais. Il ne fume pas, il est célibataire, traverse la ville en BMW, sonne aux portes de maisons cossues dans les banlieues chic de Munich, il s’exprime poliment et attrape le méchant avec beaucoup de psychologie et de logique. Les 281 épisodes comportent tellement peu d’action que jamais, jamais sa voiture n’a été endommagée! Incroyable, non ?
En Allemagne, de 1974 à 1998, la série fait partie des polars incontournables du vendredi soir qu’on regarde en famille à 20 heures 15 précises. L’inspecteur tranquille aux airs de « Monsieur tout le monde » plaît au plus grand nombre. Et puis, avec le temps, les Allemands développent une sorte de distance ironique avec leur inspecteur à lunettes : Derrick devient « culte » ! Viennent alors s’ajouter à ses fans des premières heures, des fans plus jeunes, des gens branchés qui s’amusent de son style décalé et de son look seventies.
En France, la série débarque en 1986. Loin du look des policiers sportifs et sexy de séries télé de l’époque, Derrick se positionne immédiatement sur un créneau très particulier : celui des ménagères de plus de 50 ans. Aujourd’hui encore, quotidiennement, juste après le déjeuner, les Français peuvent savourer une « aventure », si on peut nommer la chose ainsi, de leur héros au teint jaunâtre. Enfin, je parle de ceux qui réussissent à rester éveillés, évidemment. Car les dialogues de Derrick sont célèbres pour leur pouvoir quasi magique de déclencher des siestes digestives. Est-ce la raison du succès de la série en France?
Non, il y a une autre raison. Pour les Français, comme pour les spectateurs des 102 pays vers lesquels la série a été exportée, Derrick ouvre une fenêtre sur l’Allemagne. On y voit les rues de Munich, les Bierkneipen, les bistrots, on y voit des policiers tranquilles dans leur uniforme vert, on y voit des salons de nouveaux riches avec leurs lourds canapés de cuir, leurs bibliothèques sur mesure et leurs baies vitrées donnant sur des jardins parfaitement entretenus.
Oui, l’Allemagne de Derrick, c’est une Allemagne surannée aux relents de naphtaline où les gens portent des cravates à carreaux et des costumes en velours côtelé. Certes, c’est une Allemagne aux couleurs délavées, une Allemagne moralisante et ennuyeuse qui n’a rien avoir avec la réalité. Mais bon, c’est une Allemagne tranquille, inoffensive et finalement très rassurante.
Vous connaissez tous Derrick, le héros allemand. Certes. Mais avez-vous réfléchi aux raisons de son succès planétaire ? Vincent Lecoq nous y invite.
Si vous demandez à un Français de vous citer un héros allemand, vous pouvez être sûr à 99, 9 % qu’il vous dira: L’inspecteur Derrick! Eh oui, en France, l’inspecteur Derrick, ce monument de la télévision allemande, est probablement plus connu que Willy Brandt ou Franz Beckenbauer!
Le voilà avec ses énormes lunettes, ses valises sous les yeux et son air de chien battu. Mais comment cet homme peut-il hanter nos petits écrans depuis maintenant plus de 30 ans ?! Mystère. Car Derrick est lent, Derrick est mou, Derrick est moche. Derrick semble être filmé avec un filtre vert et jaune sans doute afin de mettre mieux en valeur son teint blafard dans son imperméable désespérément beige.
Quand Derrick presse le pas, il donne encore l’impression d’être au ralenti. Derrick ne rit jamais. Il ne fume pas, il est célibataire, traverse la ville en BMW, sonne aux portes de maisons cossues dans les banlieues chic de Munich, il s’exprime poliment et attrape le méchant avec beaucoup de psychologie et de logique. Les 281 épisodes comportent tellement peu d’action que jamais, jamais sa voiture n’a été endommagée! Incroyable, non ?
En Allemagne, de 1974 à 1998, la série fait partie des polars incontournables du vendredi soir qu’on regarde en famille à 20 heures 15 précises. L’inspecteur tranquille aux airs de « Monsieur tout le monde » plaît au plus grand nombre. Et puis, avec le temps, les Allemands développent une sorte de distance ironique avec leur inspecteur à lunettes : Derrick devient « culte » ! Viennent alors s’ajouter à ses fans des premières heures, des fans plus jeunes, des gens branchés qui s’amusent de son style décalé et de son look seventies.
En France, la série débarque en 1986. Loin du look des policiers sportifs et sexy de séries télé de l’époque, Derrick se positionne immédiatement sur un créneau très particulier : celui des ménagères de plus de 50 ans. Aujourd’hui encore, quotidiennement, juste après le déjeuner, les Français peuvent savourer une « aventure », si on peut nommer la chose ainsi, de leur héros au teint jaunâtre. Enfin, je parle de ceux qui réussissent à rester éveillés, évidemment. Car les dialogues de Derrick sont célèbres pour leur pouvoir quasi magique de déclencher des siestes digestives. Est-ce la raison du succès de la série en France?
Non, il y a une autre raison. Pour les Français, comme pour les spectateurs des 102 pays vers lesquels la série a été exportée, Derrick ouvre une fenêtre sur l’Allemagne. On y voit les rues de Munich, les Bierkneipen, les bistrots, on y voit des policiers tranquilles dans leur uniforme vert, on y voit des salons de nouveaux riches avec leurs lourds canapés de cuir, leurs bibliothèques sur mesure et leurs baies vitrées donnant sur des jardins parfaitement entretenus.
Oui, l’Allemagne de Derrick, c’est une Allemagne surannée aux relents de naphtaline où les gens portent des cravates à carreaux et des costumes en velours côtelé. Certes, c’est une Allemagne aux couleurs délavées, une Allemagne moralisante et ennuyeuse qui n’a rien avoir avec la réalité. Mais bon, c’est une Allemagne tranquille, inoffensive et finalement très rassurante.

6 commentaires:
"Quand Derrick presse le pas, il donne encore l’impression d’être au ralenti" <-- ahah c'est tout à fait ça. sinon tu viens de m'apprendre la nouvelle, je ne savais pas qui était pas déjà mort ! en tout cas bravo pour l'analyse esthetico sociologique de cet inspecteur croisé basset hound. et bisouch
Mais qui va enquêter pour connaitre les causes de la mort?
Paix a son ame! Je suis donc la seule à n'avoir jamais regardé un seul épisode de Derrick, c'est la honte!
(si je m'étais laché j'aurais dit : c'est la care... mais, bon, S que tt le monde aurait compris?)
PS: un petit mot à ce sujet sur "tu mourras moins bête". Message à tous ceux qui ne sont pas encore allé visiter ce blog : allez y franchement c top. http://tumourrasmoinsbete.blogspot.com/
euh moi non plus je n'ai jamais regardé un épisode de Derrick;
Nous sommes donc au moins deux!
Hé Maxémag moi non plus j´ai jamais vu Derrick mais mais il est tellement populaire.… Heu sinon Maia ce n´est pas ton cher serviteur qui a écrit cet article hein c´est pêché sur arte, tel qu´indiqué au début du post hé hé.
Justement je trouvais des familiarités avec ton style d´écriture.
De grosses bises à toutes et tous et bonnes fêtes de fin d´année
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